Madiba Kaba
Guinée : Trois Mois pour Sauver la Transition, Trois Mois pour Agir
Alors que la Guinée s’apprête à conclure la transition convenue avec la CEDEAO, nous nous retrouvons à la croisée des chemins. Depuis le début, la Génération Citoyenne (GéCi), sous la direction de Fodé Mohamed Soumah, a proposé des solutions réalistes et viables pour un retour ordonné à l’ordre constitutionnel. Ces solutions incluaient un chronogramme consensuel dans des délais impartis. Cependant, l’absence de réactivité et l’absence d’unité au sein de la classe politique ont laissé ces propositions sans suite. Ce manque de mobilisation a bloqué un véritable contre-pouvoir.
La GéCi avait préconisé le rejet de la Charte qui n’intégrait pas les contributions des partis politiques, tout en rejetant la clé de répartition de la composition du CNT. Il n’était pas concevable d’accepter que la transition, profondément politique, ne reflète pas la réalité du terrain. Dès les premiers signes d’une dérive, la GéCi avait également suggéré de retirer les Conseillers et élus locaux afin de créer une pression politique. Aujourd’hui, il est évident que le temps presse et qu’il ne s’agit plus d’attendre.
Nos propositions étaient pourtant simples et réalistes : révision de la Constitution de 2010, mise à jour des listes électorales, organisation d’un référendum, et enfin le couplage des élections locales et législatives, suivi de la présidentielle. L’ensemble devait se dérouler en six mois, avec un glissement maximum d’un an. C’était réalisable, et cela aurait permis à la Guinée de clore cette transition dans la concorde nationale, tout en assurant la continuité de l’État et en plaçant le développement endogène en priorité.
Mais aujourd’hui, alors que nous sommes à trois mois de l’échéance, l’inertie demeure. Les acteurs politiques semblent concentrés sur la date du 31 décembre sans pour autant mettre en place une stratégie claire. Cette attitude passive pourrait conduire à des troubles inutiles et à une répression évitable. Nous devons agir maintenant, sans attendre la catastrophe.
La GéCi, par la voix de son président Fodé Mohamed Soumah, exhorte donc les autorités de la transition et la CEDEAO à convoquer immédiatement les acteurs politiques crédibles, présents au sein des institutions de la République, pour établir un chronogramme consensuel. C’est la seule solution viable pour sortir de l’impasse actuelle. Nous ne pouvons plus nous permettre de naviguer à vue, laissant les thuriféraires et les trublions décider de l’avenir du pays. Le peuple guinéen mérite des dirigeants patriotiques, fondés sur la méritocratie.
Cela suffit ! Nous avons atteint un point critique. Il est temps de respecter les engagements pris et de mettre fin à cette transition. Le peuple guinéen exige des actions concrètes, pas des promesses. Aujourd’hui plus que jamais, la Guinée a besoin d’une vision claire et d’un leadership fort pour mettre fin à cet éternel recommencement. Le climat de confiance et la reddition des comptes doivent commencer dès maintenant. C’est ainsi que l’avenir de notre nation sera préservé et que nous pourrons consolider les acquis démocratiques, afin d’éviter des lendemains incertains.
Fodé Mohamed Soumah ,
Président de la GéCi